La foi qui guérit

La foi désigne deux réalités distinctes :

Mouette rieuse

1. La foi qui sauve, fondement de la vie chrétienne

Croire en Dieu. Non pas croire que Dieu existe, mais avoir rencontré Jésus-Christ et croire qu’il est le Fils de Dieu, mort et ressuscité, vivant, agissant aujourd’hui. « Si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. » (Rm 10, 9).

Croire Dieu. Confiant en Jésus Christ, sûr de l’amour du Père, nous ne pouvons qu’adhérer pleinement aux promesses du Père et aux paroles du Fils et, en Eglise confesser les vérités de la foi : « Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie. » (Jn 5, 24).

un don de

2. La foi qui guérit et déplace les montagnes (don spirituel de foi)  

Cette foi permet à Dieu d’agir, d’accomplir des signes, des guérisons, des libérations, des prodiges. Car c’est lui qui, par notre foi, déplace les montagnes. Le charisme de foi consiste à croire que Dieu va accomplir ce qu’il annonce, même si nous l’évaluons humainement impossible. Dieu en fait le don à qui il veut, c’est un charisme : « À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ; à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter. » (1 Co 12, 7-10).

 

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Que pouvons-nous dire de la foi qui guérit ?

 

La foi réalise la communion entre Dieu et le croyant

​L’Ecriture révèle que Dieu est un Père aimant et tout-puissant : « Rien n’est impossible à Dieu ! » (Lc 1, 37). Or, Jésus dit la même chose de celui qui croit : « Tout est possible à celui qui croit. » (Mc 9, 23). Comment le comprendre, sinon en saisissant que la puissance du croyant lui vient de sa foi qui le branche, lui donne accès à la puissance-même de Dieu. C’est ce qu’explique Maxime le Confesseur, la foi, écrit-il, réalise « L’union immédiate et parfaite du croyant avec Dieu en qui il croit ! »

Jésus s’étonne du peu de foi de ses disciples

​A cause de leur peu de foi, ils sont sans force, incapables d'agir à la mesure de ce que le Seigneur attend d'eux. « Quand ils eurent rejoint la foule, un homme s’approcha de lui, et tombant à ses genoux, il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. » Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. » (Mt 17, 14-17).

Nous découvrons combien Jésus est navré et s’étonne du peu de foi de ses disciples. Il attendait d’eux qu’ils accomplissent la délivrance de l’enfant. Leur manque de foi a fermé la porte aux œuvres du Royaume. La foi est donc bien pour nous la clé d’une infinie possibilité de miracles.

Jésus désire que nous accomplissions les mêmes signes que lui

Il désire que des signes accompagnent et authentifient l’annonce de l’Evangile. Paul évoque cela dans son épître aux Corinthiens : « Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (1 Co 2, 4-5).

Notre foi doit grandir

​Le père de l’enfant épileptique dit à Jésus : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9, 24). Son attitude est éclairante : la foi en l’intervention de Dieu, celle que Jésus désirait pour ses disciples, est appelée à grandir. C’est notre responsabilité. Elle grandit lorsque nous la mettons en œuvre et en demandons instamment la grâce.

« La foi est la mère des miracles » (St Jean Chrysostome)

La foi qui permet que des guérisons s’accomplissent doit dépasser le stade d’une simple conviction : « Je crois que des miracles sont encore possibles de nos jours ! »  Le véritable don de foi consiste à croire que des miracles se produiront ici et maintenant. Ce grain de sénevé de foi suffit à déplacer des montagnes car il ouvre la possibilité à l’Esprit de les accomplir.

Le don spirituel de foi

Le don spirituel de foi est l’assurance irrépressible que Dieu va agir : « Quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé ! » (Mc 11, 22-23). Cette certitude est donnée par l’Esprit Saint, elle ne vient pas de l’homme. C’est lui qui la suscite en révélant ce que Dieu va accomplir. Ainsi, dit saint Jean, nous est donné « l’assurance que lorsque nous faisons une demande selon sa volonté, elle est écoutée. » (1 Jn 5, 14). Jésus lui-même semble évoquer cette assurance qui lui est communiquée lors de la guérison d’un paralytique : « Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. » (Lc 5, 17).

 

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Terminons par ces propos de Saint Cyrille

« C'est au sujet de cette foi qu'il est dit : « Si vous avez de la foi, gros comme un grain de moutarde. » (…) De même la foi, dans une âme, accomplit les plus grandes choses en un petit moment. L'âme en effet, quand elle est éclairée par la foi, se représente Dieu et le contemple autant qu'elle en est capable. Elle embrasse les limites de l'univers et, avant la fin des temps, elle voit déjà le jugement et l'accomplissement des promesses. »