Dieu m'invite pour huit jours

 

Dieu m'invite pour huit jours

 

La première fois que la mère de famille que je suis part seule de la mai­son pour huit jours, c'est pour une retraite : besoin de souffler, de reprendre des forces intérieures, de me brancher sur la source véritable puisque la mienne est à sec. Avec quatre tout jeunes enfants et un mari : il y a de quoi s’essouffler, sans compter ma propre personne à désaltérer ! Pas facile de prendre la décision, de m'offrir du temps gratuit, alors que le ménage doit tourner. Je me sens coupable et certaines personnes de mon entourage me le font sentir. Pourtant, il le faut, c'est décidé. Tout est organisé pour que cela tourne sans moi. Ma jeune filleule accepte de tenir le ménage. À l'approche de mon départ, la tension monte, les oppositions éclatent, le chantage s'en mêle, bref, il paraît que c'est bon signe, que cela prouve qu'on a fait le bon choix et qu'il sera béni ! Hum...

Sur le quai de la gare, j'attends le train en faisant les cent pas, ma valise en main. Il faut croire que l'anxiété se lisait sur mon visage, car le chef de gare s'approche et me dit : « Cela va, madame ? Vous m'avez l'air bien nerveuse ! Ne vous inquiétez pas, cela ira, vous savez. Le train ne va pas tarder ; ce ne sera pas long. Asseyez-vous sur ce banc pour vous détendre un peu ! »

S'il savait le combat qui est en train de se jouer en moi... Il en a en tout cas deviné les signes ! Je n'en reviens pas de son intervention rassurante et j'y reconnais déjà la main affectueuse de Dieu venue se glisser dans celle de son enfant apeurée. J'arrive enfin à bon port et entre vaille que vaille dans le chemin proposé : lâcher prise, faire confiance... Que d'obstacles à franchir... ou plutôt le contraire : que de bagages encombrants à déposer, de fausses sécurités à reconnaître puis à remettre à l'Amour immense du Christ qui, goutte à goutte, commence à s'infiltrer par la faille rocheuse de mon cœur blessé. Ouf, cela va mieux... Je me détends, j'apprends à me laisser faire, me laisser aimer par Jésus venu me sauver : quel bonheur !

En fin de semaine, lorsque je suis de retour à la maison, la paix et la joie se lisent sur les visages. Je trouve sur mon lit un petit mot d'un de mes enfants : « Maman, tu peux encore partir, comme ça on sera de nouveau rien qu'avec papa ! » Génial, la permission m'est donnée pour la prochaine fois, sans que je la demande ni ne la prenne ; ils ont pris goût ! Depuis lors, chaque année je devance les choses ; dès que je reçois le programme des retraites, je m'inscris bien longtemps à l'avance, sans avoir encore de solution pratique pour la garde des enfants : Dieu pourvoira !

Il m'a fallu cet événement pour découvrir combien Dieu aime être mis à la première place. Mes critères ne sont pas toujours ajustés aux Siens. En appre­nant peu à peu à Lui donner la priorité, je constate à quel point II remet de l'ordre dans ma vie, mes relations, ma famille. Car L'aimer en premier m'aide à aimer les autres.

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 « Cherchez d'abord le Royaume et sa justice,                  et tout cela vous sera donné par surcroît. » Mt 6, 33

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