Paralysie du sommeil

 

" Je sors de mon sommeil, j’ai l’impression d’être réveillé, mais je n’arrive pas à bouger "

 

 

Quels sont les symptômes de la paralysie du sommeil ?

Episodes assez brefs – de quelques secondes à quelques minutes caractérisés par deux éléments :  

Une perception bizarre durant le sommeil : la personne a l’impression d’une présence à ses côtés, elle voit des ombres, etc., elle entend des bruits : hallucinations tactiles, visuelles ou auditives. Elle en garde un souvenir précis. Pour elle, ce n’est pas un cauchemar, elle a l’impression d'être éveillée et consciente au moment où cela survient.

Impossibilité de bouger, de parler : le corps est paralysé, impossible de crier. Parfois avec sensation d’étouffer, de pression sur la poitrine.

Ceci suscite inquiétude, étonnement, peur ou angoisse. Ce n’est pas le stress qui paralyse, mais l'inverse (catalepsie).

Il existe une explication physiologique. Ces phénomènes sont liés au sommeil : à la phase endormissement ou lors d’un réveil en phase de sommeil paradoxal. Les muscles sont alors relâchés (B), la conscience en train de passer du veille au sommeil (A), ou inversement. A ce moments, les perceptions sont déformées et le contrôle de l’inconscient affaibli.

D’où le nom de paralysie (B) du sommeil (A).

 

Quelle est la cause de la paralysie du sommeil ?

Notre sommeil est constitué d'une succession de cycles. Durant la phase de sommeil paradoxal (REM), qui dure de 15 à 20 min, l'activité cérébrale est intense (rêves) et le corps est naturellement relaché (paralysie physiologique) pour éviter que le rêve ne fasse sortir du sommeil. Nous ne prenons pas conscience de cette paralysie physiologique puisque nous dormons. 

La paralysie du sommeil survient lorsque :

  • Soit la personne est sur le point de se réveiller ;
  • Soit en trai n de s'endormir lors du passage de l'éveil au sommeil ;

Une personne qui reprend brusquement conscience pendant cette phase de sommeil paradoxale se découvre incapable de bouger comme "prisonnière" dans son corps. La cause réside dans cette courte période d’hypotonie musculaire qui perdure alors que le cerveau est déjà partiellement réveillé.

Les hallucinations, des visions d'ombres par exemple, sont simplement des propriétés émergentes du sommeil paradoxal et sont relatives à nos rêves.

 

Facteurs favorisants :

  • Stress, anxiété, 
  • Modification brutale du mode de vie : deuil, déménagement, nouveau travail, etc.
  • Privation de sommeil

 

Des personnes plus prédisposées que d'autres ?

Ce trouble peut toucher absolument tout le monde mais il n’est pas fréquent. On estime que 30 à 40 % de la population a connu (ou connaîtra au moins une fois) une paralysie du sommeil.

Dans la narcolepsie, la paralysie du sommeil peut survenir chroniquement. Les personnes narcoleptiques ont des hallucinations visuelles ou auditives au moment de l’endormissement, elles présentent aussi des pertes brutales du tonus musculaire en cas d’émotion (catalepsie).

 

Que faire en cas de paralysie du sommeil ?

Rassurer : il ne faut pas s'inquiéter, ça ne dure pas longtemps, le phénomène est explicable physiologiquement.

Evitez de nourrir la panique en imaginant une cause surnaturelle ("un esprit veut communiquer avec moi", "je suis possédé", etc.). Ainsi, avant de dormir, il est bon de ne pas anticiper l‘événement et ainsi d’éventuellement le favoriser.

Ne pas vouloir se réveiller pour sortir de la situation oppressante, au contraire, il faut se laisser aller, ne pas paniquer pour réussir à se rendormir. Néanmoins, pour atténuer ou stopper le phénomène, on peut essayer de modifier son rythme respiratoire ou bouger volontairement les yeux, car les muscles oculomoteurs ne sont pas paralysés.

 En cas de doute, laboratoire du sommeil.