Hallucinations

 

Les hallucinations concernent l'ensemble des sens, plus couramment l'audition par des voix imaginaires étranges ou persécutrices. 

 

Plan

1. Hallucinations sensorielles 

2. Hallucinations mentales

3. Origines

 

 

A. Hallucinations sensorielles (psychosensorielles)

 

Trois caractéristiques

  • Perception sensorielle sans objet réel à percevoir ;
  • La perception s’impose indépendamment de la volonté, donnant une conviction inébranlable de la réalité objective de la perception : « Je ne fabule pas ! ». Il est impossible pour la personne hallucinée d’envisager qu’il s’agisse d’une illusion.
  • La perception (vision, son, odeur, etc.) est ressentie comme extérieur : pas dans la tête.

 

Ces hallucinations

  • Peuvent concerner chacun des sens : la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher. Elles impliquent un seul sens ou plusieurs simultanément.
  • Elles sont soit :
    • élémentaires : lueur, taches colorées, sons, etc. ;
    • élaborées : objets, animaux, personnages, scènes plus ou moins animées, voix comme venant de l’extérieure, bienveillantes ou hostiles, voix de personnes connues ou inconnues, musiques, etc.
  • Elles sont isolées ou entrent dans un tableau délirant.

 

Ne pas confondre ces hallucinations sensorielles avec

  • Une hallucinose (pseudo-hallucination) : perception également sans objet réel mais sans la conviction inébranlable : la personne entrevoit elle-même l’invraisemblable. Elle garde un sens critique : « Que m’arrive-t-il ? », « Qu’est-ce dont que cela ? »
  • Une illusion : qui est la perception d'un objet réel, mais de manière déformée.

 

Hallucinations cénesthésique

Dans ce cas, la perception viscérale ou corporelle : torsion de viscère, impression génitale d’attouchement, de rapport sexuel (incube, succube), etc. Parfois aussi, l’hallucination donne l’impression de transformation du corps, d’électrisation, d’évidemment, d’éclatement, de possession diabolique, de sensation de sortie du corps, etc.

 

 

 
 

 

 

B. Hallucinations mentales (psychiques)

 

La personne entend des voix qui la critiquent, commentent ses actions ou conversent avec d’autres voix hallucinées.

 

Trois éléments la caractérisent

  • Perception mentale : constituées de pensées, de sentiments, de représentations, d’injonctions, d’intuitions, de voix intérieures reçus comme par télépathie, de manière intrusive.L’hallucination s'accompagne d'agitation et d’angoisse dues au sentiment de dépersonnalisation, de possession, d’étrangeté et de danger.
  • L’halluciné croit fermement que ces perceptions ne viennent pas de lui mais lui sont « envoyées ».
  • Cette perception survient « dans la tête », elle s’impose à l’intérieur de soi : « c’est un autre qui pense en moi ! ». La personne ressent comme l'intrusion d'un autre dans sa conscience (pensées intrusives). Ce qu'elle pense ou ressent ne lui appartient plus.

 

Syndrome d’influence et automatisme mental

La personne a l'impression d’être contrôlée par une force extérieure, d’être dépossédée de ses pensées, d'être contrôlée et sous influence : « on me fait parler, on me fait penser », « on me fait agir », etc. Le sujet a l’impression qu’on lit dans ses pensées (vol sa pensée) ou tente de lui dicter sa conduite et que cela lui est imposé : « Ils ont construit un ordinateur qui envoie des ondes pour contrôler mon cerveau.» Il peut s’agir :

soit par une force extérieure, on parle d’automatisme mental :

soit par une entité extérieure de manière bénéfique ou maléfique, on parle de syndrome d'influence

L’impression de ne plus être maître chez soi est angoissante. Si le sujet craint un pseudo-danger imminent, sa conduite risque de devenir irrationnelle et dangereuse.

Le rôle de la relation d’aide est de discerner une éventuelle influence diabolique.

 

Ne pas confondre l’hallucination mentale avec ...

Une idée délirante où un objet réel cette fois est perçu de manière déformée.

Une obsession qui est l'irruption de pensées, de bouffées affectives (colère, etc.) en dehors du contrôle du sujet mais qui, à la différence de l’hallucination, est reconnue par le sujet comme venant de lui-même et non pas imposée de l’extérieur : « Cela me vient sans cesse de … », « Je ne peux m’empêcher de … ».

 

 

 

 

 

 
 

 

 

Origine

 

Causes naturelles

  • Diverses substances :  drogues ‘hallucinogènes’, médicaments, chimiothérapies, alcool (délirium tremens avec vision classiquement de petits animaux), sevrage de médications psychoactives;
  • Troubles neurologiques : méningo-encéphalites infectieuses, maladies vasculaires cérébrales, traumatismes crâniens, tumeurs cérébrales, certains types d'épilepsies, démence, crise d'hypoglycémie, maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer, etc.), certaines épilepsies, etc.
  • Troubles psychiatriques : le patient adhère dans ce cas à ses perceptions hallucinatoires, il ne les remettra en question qu’à la faveur du traitement. Les hallucinations surviennent lors de bouffées délirantes et dans les états délirants chroniques.
  • Le travail de deuil : l’impression de présence, de bruit de pas, de reflet du visage du défunt sur une vitre... Ces impressions ne sont pas pathologiques et transitoires.
  • Troubles du sommeil
  • Les hallucinations hypnagogiques surviennent au moment de l'endormissement : sensations de chute avec sursaut, vision d’images géométriques, de personnages, d’animaux..., plus rarement auditives (musique, …) au point de pouvoir réveiller au milieu de l'endormissement. Elles n'ont pas de signification pathologique.
  • Les hallucinations hypnopompiques surviennent au réveil et ne durent que quelques minutes. Elles correspondent à l'intrusion du contenu d'un rêve au moment du réveil, avec une période de désorientation brève.
  • La paralysie du sommeil s’observe pendant quelques minutes lors de l’état intermédiaire au début ou à la fin du sommeil : la personne est semi-éveillée et consciente mais ne peut bouger pendant quelques minutes. Si des hallucinations surviennent en même temps, la situation devient angoissante. C'est souvent à la suite de telles « crises » que certains malades pensent avoir été « en contact avec des esprits », notamment parce qu'ils avaient la sensation d'une « présence ».

 

Causes préternaturelles

  • Bons anges
  • Mauvais anges : obsessions démoniaques

 

Causes surnaturelles 

C’est une grâce divine, il peut s’agir :

  • Perception externe, perception des sens : effectivement reçues par le système auditif, elles atteignent l'oreille externe. Evoquons à titre d’exemple, l'annonce aux bergers de la naissance de Jésus. Dans cette nuit de Noël, les bergers, tous ensemble, entendent des chants, des paroles (Luc 2,10-13).
  • Perception intérieure ou paroles intérieures : mots, paroles, voix qui surgissent spontanément, à l'improviste, quand on pense à tout autre chose, et qui sont reçus directement sans passer par le système sensoriel. Ce sont des paroles vivantes qui se disent en nous avec une force d'actualité, et qu'il est parfois difficile de localiser.
  • Perception intellectuelle : paroles intellectuelles ou vision intellectuelle ou vision spirituelle. Paroles communiquées intérieurement à l’esprit comme un parler sans paroles, communication de pensée sans mots. Thérèse d'Avila ne tient pour sûrement inspiré que ce type de parole.

 

Critères de parole intellectuelle

Leur simplicité, leur clarté, leur netteté, leur autorité ;

  • Elles inspirent certitude et paix ;
  • Elles respectent la liberté, n’imposent rien ; 
  • Elles communiquent une science instantanée et profonde ;
  • Elles convertissent durablement et produisent humilité ;  
  • Elles restent gravées dans la mémoire.

La question qui nous importe est de progresser dans notre capacité de distinguer une parole intérieure d’origine surnaturelle d’une hallucination mentale, d’une projection de l’inconscient ou d’un mensonge du Malin ?