« Mon expérience des assemblées charismatiques » 

« J’aimerais témoigner de ce que j'ai vu, écrit J.B., lorsque j'ai rencontré le Renouveau charismatique : l'imprévisible, l'inat­tendu de l'Esprit ». Ce témoignage est comme un écho fidèle de ce qui se passe dans les groupes de prière lorsque elle-ci  y est effectivement inspirée. Un témoignage apte à raviver notre désir...

 

L'assemblée: un peuple de louange

Il y avait là 200 è 400 personnes, rassemblées en cercles concentriques. Et de cette assemblée, c'était comme une houle de louange qui s'élevait vers le Sei­gneur. La prière jaillissait de partout. Quand elle semblait s'arrêter d'un côté, elle repartait de l'autre. Il y avait des chants (nouveau pour moi, mais qui me semblaient beaux, et dont le texte était souvent très proche de l'Ecriture). Il y avait de nombreuses interventions per­sonnelles. Les uns apportaient un témoignage. D'autres exprimaient tout haut la prière qui était dans leur coeur. D'autres lisaient un texte de la Bible. D'autres lançaient un chant, qui était repris par l'assemblée (avant même que les « novi­ces » aient eu le temps d'en trouver la page dans le livret).

 

Le chant en langues

Parfois quelqu'un se levait et chantait un texte de l'Ecriture (un psaume par exemple) sur un air qu'il improvisait, étant aussi accom­pagné en sourdine par cent autres qui chan­taient bouche fermée. Parfois c'est le texte même qui était improvisé en même temps que la musique. Certaines fois quelqu'un chantait « en langues » (une suite de sons inintelligibles). D'autres fois c'était toute l'assemblée qui chantait en lan­gues. Cela partait d'un point, ou même de plusieurs points en même temps, et cela gagnait toute l'assistance comme une espèce de mur­mure harmonieux qui naissait, s'enflait, se modulait, s'enrichissait de riches vocalises, puis s'éteignait de façon très douce.

A priori, quand cinquante ou cent personnes se mettent à chanter n'importe quoi, sur n'importe quel air, on pourrait s'attendre à une cacophonie épouvantable. Je dois dire que c'est arrivé quelquefois, mais bien rarement. Le plus souvent ces chants étaient d'une pureté et d'une beauté presque indicible. Ils avaient le don d'induire dans l'âme un état de paix, de joie et de prière. Et presque toujours, ils étaient suivis d'un moment de silence d'une qualité remarquable.

 

La louange spontanée

Après un chant, un moment de louange spon­tanée pouvait naître, tout seul pour ainsi dire. Tout le monde se mettait à louer le Seigneur à haute voix. Et c'était alors un bruissement ou même un fracas, un peu analogue à celui des vagues de la mer. Une mer travaillée et soulevée par l'attraction du soleil (ici le soleil qui soulevait l'assemblée, c'était le Seigneur). Des vagues successives de louange se formaient, grossissaient, déferlaient, suivies de nouvelles vagues. L'ensemble était indistinct. J'enten­dais simplement ce que disaient mes voisins (Merci Seigneur, Gloire à Toi, Tu es grand, Tu es saint, Tu es mon espérance, Tu es ma vie, sois le Seigneur de mon coeur, Tu es mon Sau­veur, glorifie ton nom parmi nous, ou simple­ment: Jésus, Jésus, Jésus..., Jésus Seigneur, Jésus Sauveur, etc.).

Ces mots très simples m'édifiaient beaucoup : j'admirais la foi de ces frères, une foi capa­ble de s'exprimer sans respect humain, sans fausse honte, sans crainte du ridicule, devant tout le monde, alors que moi je restais bou­che cousue et muet comme une carpe (mais aussi muet d'admiration). Il arrivait à l'as­semblée d'applaudir. Elle applaudissait le Sei­gneur. Quand les mots faisaient défaut, alors c'était la louange des mains qui prenait le re­lais de la louange des lèvres. Dans tous les cas, c'était la louange du coeur.

 

Un fil conducteur cependant

Cette description bien pauvre pourrait don­ner l'idée d'une prière brouillonne et désor­donnée. Certes rien n'était préparé ni prévu à l'avance. Et pourtant la plupart du temps tout s'enchaînait et se répondait d'une façon étonnante, comme si tout avait été soigneuse­ment programmé dans les moindres détails. Souvent, à la fin, un regard attentif pouvait discerner quelque chose comme un fil conduc­teur. En tous cas, il y avait au moins des « séquences » qui pouvaient apparaître aux plus distraits et qui frappaient souvent les nouveaux.

Par exemple, quelqu'un lit un texte de l'Ecri­ture. Un autre déclare: « Je confirme, j'avais le même texte (ou un texte parallèle) ». Cela était reçu alors comme une volonté du Sei­gneur