Garde des pensées

 

Un système de pensée

Les premières années de notre existence nous voient élaborer une vision de nous-mêmes, du monde, des autres et de Dieu et des schémas de pensée. Cette manière de voir est influencée notamment par les aléas de la vie. Les ‘blessures’ notamment sont sources de pensées mensongères, blessées. Notre manière d’appréhender le monde est influencée par de fausses-croyances. Nous ne parvenons pas à nous aimer, par exemple, parce que nous nous pensons à tort responsables des malheurs qui nous sont arrivés. Devenus adultes, cette vision conditionne encore nos modes de penser : la manière dont nous ressentons émotionnellement et réagissons face aux événements quotidiens (cognition). Parce qu’elles appartiennent au ‘vieil homme’, ces manières charnelles de penser s’opposent aux aspirations de l’homme nouveau car « les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair. Il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez. » (Ga 5, 17)

 

Comment changer ?

Bien que nous désirions sincèrement revêtir l’homme nouveau, notre bonne volonté se heurte à l’impossibilité de changer concrètement nos comportements. Prendre soin des blessures qui ont suscités les pensées blessées n’y suffit pas. La solution consiste à modifier les modes de pensée blessés et ainsi les réactions émotionnelles et les comportements. Il s’agit, écrit st Paul, de nous « transformer par le renouvellement de notre manière de penser. » (Rm 12, 2) Ces pensées erronées sont si profondes que nous n’en soupçonnons même pas l’existence, bien qu’elles nous guident et nous piègent constamment. Pensons, à titre d’exemple, à la mésestime de soi qui handicape tellement. Cette pensée blessée, comme bien d’autres, nous asservit, elle doit être remplacée par une nouvelle manière de nous voir, plus conforme à la vérité.   

 

La garde du cœur ou garde des pensées

Elle vise à remplacer les idées erronées et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la vérité de ce que nous sommes aux yeux de Dieu. Pour cela, nous exerçons une vigilance : nous demandons à l’Esprit-Saint de nous avertir dès qu’apparaît une vieille manière de penser afin de la remplacer. Il s’agira, à titre d’exemple, de dépister la pensée "Je n'y arrriverai pas ! Je ne suis bon à rien !" par celle que le Seigneur a donnée lors d’un temps de prière : "Va avec la force qui est en toi! Ta foi te sauve, Je suis avec toi !"

La fidélité à ces paroles de vérité donne la victoire et déconditionne le Surmoi. Il ne convient pas tant d’affronter les pensées mensongères, mais plutôt de les ignorer, c’est-à-dire de refuser de leur donner un quelconque pouvoir sur nous et sur nos manières d’agir et de réagir. Lutter contre les pensées et leurs émotions risquent de leurs donner vigueur.

Ce qui est pensé ou ressenti spontanément est rarement vrai ou réel. Les pensées faussées nourrissent le vieil homme, elles ne veulent pas lâcher le contrôle qu’elles exercent sur lui. Ces faux plis de notre nature demeurent actifs longtemps après notre conversion. Ils s’opposent à la guérison parce qu’ils sont profondément ancrés dans la pensée charnelle.

 

Le même point de vue est développé par saint Paul

« Notre conduite est bien une conduite d’homme, mais nous ne combattons pas de manière purement humaine. En effet, les armes de notre combat ne sont pas purement humaines, elles reçoivent de Dieu la puissance qui démolit les forteresses. Nous démolissons les raisonnements fallacieux (prétentieux), tout ce qui, de manière hautaine, s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous capturons toute pensée pour l’amener à obéir au Christ. » (2 Co 10, 3-5 )

 

Les armes du combat (Ephésiens 6) 

Le combat spirituel concerne le contrôle des pensées. L’enjeu est : 'Qui me gouvernera ? L’esprit du monde ou l’Esprit Saint ?'

Le bouclier de la foi

Car la vérité n’est pas ce que nous pensons ou ressentons, mais bien la Parole de Dieu, et le Christ lui-même. La foi en ses paroles permet d’évangéliser notre manière de penser. Demeurer humblement dépendant de Jésus.

Le glaive de la Parole de Dieu

La fréquentation de la Parole de Dieu permet à l’Esprit Saint de nous communiquer la manière de voir et de ressentir du Christ : « (…) ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité. (…) Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus (…) Car c’est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l’action, selon son projet bienveillant. » Ph 2, 2.5.13

« Si vous demeurez dans ma parole, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libre. » Jn 8, 31 BO

 

 

Voir aussi : Les pensées fallacieuses