Faux souvenir

 

La mémoire ne se contente pas de stocker les souvenirs et de les restituer tels quels, elle les construit et les transforme encore, et cela dans trois directions :

  • La simplification : de nombreux détails disparaissent;
  • L'accentuation : les détails les plus importants pour le sujet sont majorés;
  • La cohérence : c'est-à-dire la tendance du sujet à donner un sens à ses souvenirs.

 

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Un faux souvenir est un souvenir travaillé et déformé par la mémoire voire un souvenir purement imaginaire. Il a été imaginé pour remplacé un fait manquant dans la mémoire. Il résulte d'une autosuggestion ou de l'influence d'une personne de l'entourage (famille, thérapeutes, etc.). Il y a inscription dans la mémoire d’un événement qui n’a jamais été vécu. 

A titre exemplatif, on peut trouver des faux souvenirs de maltraitance, de vie antérieure, d’abus sexuel (viols, inceste, etc.) mettant faussement en cause père, frère, oncle, figures d’autorité, prêtre, enseignant, nurse, etc. Les récits d'enlèvements par des extraterrestres, des témoignages de réincarnations ou d'abus lors de rituels sataniques, sont parfois associés à ce phénomène.

Les faux souvenirs induits peuvent occasionner des dégâts dans les familles : rejet de la famille, des parents, procès pour viol, divorces, etc. Ces pratiques sont fréquentes dans les dérives sectaires.

 

Mais encore...

Il arrive que le souvenir se déploie en une production imaginaire sous la forme d’un récit élaboré. Le récit vient compenser un trou de mémoire, il supplée la perte d’un souvenir. On parle alors de confabulation. Dans ce cas, le sujet est de bonne foi, il croit lui-même à son récit imaginaire, à l’inverse de la mythomanie dans laquelle le sujet invente et s’invente sciemment un passé.

Les souvenirs d'abus sexuels subis dans l'enfance ne sont évidemment pas tous de faux souvenirs. Car, si le sujet est capable de se remémorer une expérience qui n'a en réalité jamais existé, il est aussi capable de refouler de sa mémoire des événements traumatiques ayant réellement existés : on parle alors d'amnésie psychogène.

Rappelons que la mémoire n’est qu’imparfaitement opérationnelle avant l’âge de 2 ans : c'est l'amnésie infantile.

Un souvenir-écran est, en psychanalyse, un souvenir, auquel le patient ne prête pas attention mais qui, au sein de l'économie psychique, cache et masque un souvenir refoulé.

 

Historique

Certaines psychothérapies prétendent faire ressurgir à la mémoire des patients des « souvenirs oubliés » de traumatismes infantiles refoulés, généralement d'ordre sexuel, ou liés à des vies atérieures. C'est la thérapie elle-même, et la manière dont elle a été menée, qui a induit le faux souvenir qui semble vivaces et très réel à la personne concernée.

Le thérapeute peut induire, de bonne foi, un faux souvenir : « faux souvenir induit ».​ L'hypnothérapie peut être source de faux souvenirs. De même, lors de démarches occultes de divination (devins, cartomancie, etc.), de kinésiologie, etc. mais encore  :

  • TMR, thérapies de la mémoire refoulée ou retrouvée,
  • La communication facilitée, ou psychophanie,
  • TSR, thérapies des souvenirs refoulés,
  • RMT, Repressed Memory Therapy,
  • ART, Age Regression Therapy,
  • DEPT, Deep Emotional Processing Therapy
  • EMDR, Eye Movement Desensitization and Reprocessing.

En justice : des témoins, sans mauvaise intention, ne rapportent pas la réalité des faits : reconnaissance d’un innocent à la place de l'agresseur, etc. Les témoignages, voire des aveux, peuvent être manipulés et de faux souvenirs être induits, même si la personne s’en est persuadée et passe avec succès le test du détecteur de mensonges.

 

Mécanisme général

Le faux souvenir peut apparaître lors de la réception de l'information qui a été d’emblée mal interprétée.

Par exemple, la déclaration « le président s'est plaint de la quantité de vin servie au banquet !», laisse habituellement entendre qu'on n'a pas servi assez de vin. En conséquence, nous nous rappellerons que le président s'est plaint du manque de vin, alors que la quantité n'a pas été précisée et qu'il pourrait tout aussi bien s'être plaint d'un excès : trop de vin a été servi.

Le processus d'encodage peut être ensuite à l'origine de faux souvenirs. Effectivement, si l'événement a été mal encodé, nous aurons beaucoup de peine à nous le remémorer en entier et nous pourrions compléter inconsciemment les morceaux qui manquent par des informations plausibles mais fausses, parfois suggérées (confabulation).

 

Bonne pratique dans le ministère de guérison intérieure

  • Prudence : être conscient de la réalité et du risque d’induire un faux souvenir.
  • Si la personne vient spontanément avec un souvenir qui donne à penser qu’il provient d’une autosuggestion, il reste possible d’accueillir la personne dans sa souffrance. Que le souvenir soit objectif ou imaginaire, la personne en souffre et a besoin de s’en dégager. Veiller alors à rester neutre sans abonder dans le sens du souvenir, sans mettre en cause un offenseur potentiel, ni suggérer de dénoncer, d’accuser, de poursuivre en justice, ni de couper de la famille, etc.

Aux Etats-Unis, pour la première fois en 1994, un homme faussement accusé par sa fille a été autorisé à porter plainte contre les thérapeutes responsables de l'avoir induit.

Le Diable divise, ne l’oublions pas, mais le Christ unifie.

  • Le chemin du pardon est une clé essenteille de la guérison.
  • Si un souvenir revient et que Jésus est invité à visiter cet événement ancien ce n’est pas par l’imagination mais dans la foi qu’il convient de l’accueillir. Lorsque le Seigneur se manifeste ainsi et que nous nous le représentons mentalement, nous ne nous accrochons pas à une image que nous créons mais à une image que Dieu nous donne. L’erreur serait de penser que parce que les expériences sont semblables (présence du Seigneur suggérée par l’imagination vs reçue par la foi), elles doivent avoir les mêmes causes.