Les blessures de l'enfance

 

 

Mouette rieuse

"Blessure" est un mot ambigu car il confond la cause (l’agression) et l’effet (l'impact de l’agression).

Nous évoquons ici diverses sources potentielles de blessure. 

 

Avant la naissance 

L’enfant est en symbiose avec sa mère, il est toute réceptivité aux émotions maternelles. Il ne peut décoder ce qui se passe qu’en terme d’amour plus ou moins présent. Les émotions négatives de la mère sont ressenties comme manque d’amour. Le tout-petit en est fragilisé et s’imagine, inconsciemment donc, responsable de ce que sa mère ressent et vit.

La vie prénatale peut être source de blessures notamment à cause de :

<> Enfant conçu après une fausse-couche ou un avortement

<> Enfant conçu in vitro ;

<> Enfant non désiré car conçu à la suite de l’échec d’une méthode anticonceptionnelle, dans la violence, l’ébriété, ‘par accident’, etc. ;

<> Enfant non accueilli : mère affectivement indisponible par suite d’une dépression, d’un deuil en cours, de soucis, d’une ignorance ou du déni de la grossesse, d’une angoisse prolongée (peur de perdre son enfant), etc. ;

<> Enfant non attendu pour lui-même (enfant de remplacement) : cet enfant est né après un avortement spontané ou provoqué. Il se demande pourquoi « lui est resté envie et pas ‘l’autre’ ? »

 Enfant ayant perdu un jumeau dans le sein maternel ou né après fécondation in vitro et réduction embryonnaire : cf. syndrome du survivant 

 Enfant agressé par une tentative abortive (il n’aurait pas dû naître), une amniocentèse, etc. ;

 

Dans ces circonstances, le sein maternel peut être ressenti comme un lieu froid, noir, sans vie… « un tombeau ». Plus tard, l’enfant risque de se sentir rejeté, coupable d’exister, dérangeant, né pour consoler sa mère, avoir l’impression que ses parents veulent toujours les faire disparaître.

<> Enfant ayant perdu un jumeau dans le sein maternel ou né après implantation multiple suivie de réduction embryonnaire (FIVETTE) ;

<> Enfant agressé par une tentative abortive ("Je n'aurais pas dû naître"), une amniocentèse, etc. ;

Dans ces circonstances, le sein maternel peut être ressenti comme un lieu froid, noir, sans vie… « un tombeau ». Plus tard, l’enfant risque de se sentir rejeté, coupable d'exister, dérangeant, né pour consoler sa mère, avoir l'impression que ses parents veulent encore le faire disparître, etc.

Haptonomie : il est possible de communiquer avec le fœtus pour le rassurer : il a besoin de percevoir qu’il est attendu comme un cadeau. Même s’il ne comprend pas les paroles, il reçoit le message d’apaisement et d’accueil.

 

Lors de la naissance

La naissance est une aventure, l’enfant y est aussi acteur de sa propre naissance. Il déclenche le travail et participe à sa venue au monde. Ces dernières années ont fait prendre conscience de l’importance de maintenir la proximité avec la mère. Grâce à un contact peau à peau, le nouveau-né se familiarise avec la voix et l’odeur maternelle. Il n’est pas sans importance que le père soit présent et manifeste son accueil de l’enfant. L’accouchement peut avoir été blessant en raison :

<> Travail prolongé : e raison d'une anesthésie péridurale, etc. Travail raccourci : accouchement provoqué

<> Incidents : forceps, ventouse, césarienne, siège, cordon autour du cou (circulaire), mis de côté car considéré comme mort alors que l’on prend soin de la maman qui va mal, etc.

<> Absence du père ;

<> Déception : « C’est un garçon, nous attendions une fille ! », ou l’inverse, etc.

<> Prématurité

<> Séparation de la mère : séjour en couveuse ou en néonatalogie, etc. ;

Dans ces circonstances, l’enfant a une certaine conscience du péril de mort qui pèse sur lui. Il garde mémoire de l’angoisse et fausse culpabilité. Il est possible de lui expliquer avec compassion que ces circonstances n’ont pu être évitées, qu’il n’y est pour rien et que c’est pour préserver sa vie, que tous se réjouissent de sa venue, que grandir ne signifiera pas toujours souffrir, … etc.

 

 Après la naissance 

<> Carence d'amour maternel olongée ;

<> Eloignement des parents, qu’elle soit géographique ou émotionnelle.

<> Manque de soins & maltraitance,

<> Excès d’amour maternel : mère fusionnelle, surprotectrice, empêchant toutes séparations

<> Entrée à l’école, déménagement,

<> Divorce des parents

<> Arrivée d’un petit frère, d’une petite sœur ;

<> Abus d’autorité et sexuel.

<> etc. 

La vie est une succession de séparations naturelles liées à la psychogenèse. Elles vont dans le sens de la vie, elles sont habituellement bien vécues. Il y a aussi des passages qui sont vécus dans l’angoisse. La manière d’y réagir dépend :

<> d’une fragilisation préalable in utero ;

<> du degré d’imprévu d’une séparation : non-annoncée, non-expliquée.

 

Et ultérieurement

 

<> Syndrome post-avortement : il y a souvent une forme de blessure de néant, même si le psychisme le masque un temps (bombe à retardement).

<> Sentiment de mort imminente