Contemplation du corps du Christ dans sa Passion

Par Soeur Marie-Pascale Crèvecoeur, Dominicaines Missionnaires

 

Lors de son dernier repas, nous avons entendu Jésus dire sur le pain rompu et offert à ses amis : Ceci est mon corps livré pour vous...

Aujourd'hui, nous allons contempler ce corps de Jésus réellement livré pour nous...

Le corps, dans l'anthropologie biblique, ce n'est pas la matière opposée à l'esprit, ou à l’âme. Le corps, c'est la présence de la personne au monde, la capacité de s'exprimer, de communiquer, de se faire comprendre... allons-nous comprendre un peu mieux ce que Jésus veut nous communiquer, nous révéler dans sa passion, dans sa mort et dans sa résurrection ?

Commençons cette contemplation avec Marie de Béthanie qui six jours avant la Pâque prenant une livre d'un parfum de nard pur, de grand prix, vint oindre les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux. Elle aussi à travers son corps voulait exprimer son respect, son affection, sa dévotion.

Avec elle contemplons les pieds de Jésus dignes d'un si précieux parfum.

Jésus a marché sur notre terre, il en a fait des kilomètres de la Galilée à la Judée, en passant par la Samarie, de ville en ville, de village en village, la joie au cœur, annonçant une Bonne Nouvelle : ses pieds étaient beaux, fermes, son pas assuré, il savait où il allait, où il revenait, il savait où il s'arrêtait, pourquoi il repartait. Il a marché pour aller à la rencontre des gens, leur parler ...leur dire que Dieu était pour eux, jamais contre eux. Il était libre... sans que rien ne l'arrête...

Et voilà que soudain on l'arrête en pleine nuit, au jardin de Gethsémani, on l'emmène ... il est en garde à vue... puis jeté en prison...

Mais qu'a-t-il donc fait de mal ?

A quel endroit est-il allé où il ne devait pas aller ? Qui a-t-il rencontré qu'il ne fallait pas rencontrer ?

Ah oui...il a appelé Matthieu et a accepté l'invitation au repas au milieu de ses copains, pécheurs publics comme tous les collecteurs d'impôts de ce temps...il est allé loger sous le toit de Zachée mais était-ce pour faire le mal avec ces gens-là , pour être leur complice ou pour sauver ce qui était perdu ?

Il va le payer cher... ce n'est pas impunément que le Juste, le Saint de Dieu se met à la recherche des brebis perdues en allant les trouver là même où elles se perdent... ce n'est pas convenable...Que Dieu pardonne, d'accord... mais de loin, de haut, sans se souiller...sans se mouiller...tandis que lui... il se mêle à tout le monde, il mange avec les pécheurs, il fait ce qui est interdit !

Alors on l'arrête... on stoppe sa marche... il ne marchera plus sur notre terre...sauf une toute dernière fois, dans les souks de Jérusalem, pour monter au Calvaire, dernière marche, pénible, accablante..puis on lui cloue les pieds au bois de la croix,c'en est fini... il n'ira plus où il voulait... le voilà immobilisé à tout jamais...

Un Père de l’Église demande :

le paralytique à qui il a rendu la capacité de marcher, où est-il ? On ne le voit pas courir vers lui…. Même les apôtres qui avaient marché à sa suite sont partis en courant mais dans l’autre sens.Jésus est seul...

Ma vie nul ne la prend, c'est moi qui la donne, avait-il dit quelque temps auparavant. Mes pieds nul ne les prend, je les donne de moi-même... Jamais les soldats préposés à la crucifixion n'avaient vu un condamné tendre les pieds librement, avec douceur...

Jésus, quel est ton secret ? Pourquoi ne t'es-tu pas enfui tant qu'il était encore temps ? Pourquoi es-tu resté à Jérusalem ? Pourquoi t'es-tu laissé arrêter dans ton élan ?

Ne fallait-il pas que, venu pour vous sauver, je sois solidaire de tous vos faux-pas, de toutes vos chutes, de toutes vos dégringolades, de toutes nos désertions, de vos errements, de vos vagabondages, de vos façons d'aller en tous sens, et aussi de votre inertie, de votre immobilisme, même de vos retours en arrière ?

Ne fallait-il pas que vous sachiez que je serai tout près de vous en quelque lieu que vous alliez, allant jusqu'à me faire très mal pour vous retrouver et vous ramener là où vous trouverez le repos pour vos âmes ? Je n'ai jamais voulu que venir à vous, vous rencontrer... vous retrouver...

Voici mes pieds livrés pour vous…

Les bras et les mains

Les bras de Jésus sont forts, ce sont des bras d'homme, des bras d'artisan, de charpentier, mais aussi si tendres pour prendre les enfants et les porter... ses mains sont belles, fortes aussi, habiles à travailler le bois, à manier les outils ses mains, il les a imposées sur tant de malades, elles ont guéri, soulagé, rassuré ses mains, elles ont touché même les intouchables de l'époque, les lépreux. Ses mains toujours disponibles, libres pour sauver même le jour de Sabbat ses mains hier ont rompu le pain en signe de son corps livré. Oui, elles sont belles, obéissant à son cœur de chair, elles ont préféré se compromettre que de remettre à plus tard le salut. Il est passé en ne faisant que le bien.

De ses mains, il n'a frappé personne, il a interdit à Pierre de le défendre par les armes.  Il n'y a jamais eu de violence dans ses mains même le jour où il a chassé les vendeurs du Temple, renversé les tables et fait sortir les animaux, c'était un geste prophétique que ses contemporains pouvaient comprendre mais ils n'ont pas compris.

Le thaumaturge Jésus va payer cher la liberté de sa compassion Le prophète Jésus va payer cher le zèle qui le dévore ! Comment supporter plus longtemps cet homme qui se permet de guérir quand ce n'est pas le moment prévu par la Loi, qui se permet de toucher ceux qu'il n'est pas permis de toucher, qui accepte même d'être touché par les mains d'une prostituée !

Comment supporter plus longtemps cet homme qui s'en prend au commerce dans le temple ? Pour qui se prend-il ? Qu'il cesse d'agir !Qu'on lui attache les mains, qu'on le ligote sérieusement, qu'il ne nous échappe pas !

Comment ligoter celui qui s'offre librement, qui se livre entre leurs mains remplies de haine ? Il s'est laissé lier les mains et on l'a conduit en prison, puis devant les autorités juives ; puis devant Pilate, puis au corps de garde. On lui a présenté la croix et de ses mains très saintes, il l'a saisie avec courage et détermination, prêt pour sa dernière action.

Où est l’homme dont il a guéri la main desséchée ? Ne pouvait-il pas lui donner un coup de main ?

Jésus a offert ses mains librement et avec douceur pour qu'elles soient rivées à la croix et une douleur atroce lui a fait tendre tout le corps.

Quel est ton secret ô Jésus ? Pourquoi ne t'es-tu pas défendu ? Pourquoi n'as-tu pas demandé à ton Père d'envoyer des légions d'anges pour te protéger ? Tu ne savais pas que c'est dangereux de se livrer aux mains des hommes ?

Ne fallait-il pas que je sois solidaire de vos mains avides, de vos mains fermées, de vos bras inactifs pour soulager la détresse, de vos mains qui prennent, de vos mains qui touchent sans respect, de vos mains qui blessent, qui tuent ? Ne fallait-il pas que je vous tende la main quel que soit l'abîme où vous vous enfoncez ? Ne fallait-il pas que vous voyez mes mains sans cesse ouvertes ?

J'ai voulu vous faire confiance. Car la confiance est le plus grand signe d'amour. Je me suis livré entre vos mains ? Pourquoi avez-vous eu peur ? Je n'allais rien vous prendre... mais tout vous donner. Voici mes bras étendus sur la croix, voici mes mains livrées pour vous. Mes bras désormais dessinent entre ciel et terre le signe indélébile de mon accueil à tous. Comprendrez-vous ?

Le dos et les épaules

Le dos de Jésus était droit et fort et ses épaules bien bâties.Il avait l'habitude de porter des poutres, le poids du jour et la fatigue des routes.

Mais il n'avait imposé de lourds fardeaux à personne, son fardeau, il l'a dit léger... Au contraire, il voulait soulager les souffrances de ceux qu'il rencontrait... les décharge du poids de leurs fardeaux.

Que lui reprochait-on pour l'avoir ainsi lacéré de part en part ? Que lui reprochait-on pour l'avoir chargé du poids de la croix ? Même Pilate qui a ordonné la flagellation disait : Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation !

Cela pesait à certains de le voir si libre ... si alerte... de le voir sans bagages, toujours en route, pauvre, libre de tout ce qui les encombrait : le poids des observances, la rigueur des jugements, l'attention aux fautes d'autrui. N'étaient-ils pas venus avec la femme prise en flagrant délit d'adultère pour l'obliger à prendre position ? Ne s'était-il pas penché pour écrire sur le sol avant de se redresser pour dire une parole inoubliable ?

Faute de pouvoir le charger de fautes, de le prendre en défaut, on allait l'écraser, le mettre à terre... On allait bien voir si Dieu allait le relever !

Et la femme courbée qu’il avait redressée, où est-elle ? Ne pouvait-elle pas témoigner de sa volonté de déplier chacun, de le rendre capable de regarder devant lui ?

Quel est ton secret Jésus ? Toi qui n'as accablé personne, pourquoi ploies-tu sous le fardeau ? Où vas-tu trouver le courage de marcher jusqu'au calvaire ? Pourquoi ton dos meurtri va-t-il encore s'étendre sur ce bois rugueux ?

Ne fallait-il pas que j'assume tous vos fardeaux ? Que je redresse tout ce qui est courbé, tordu ? Que je vous aide à vous relever vous qui êtes si souvent à terre ? Que je vous rejoigne au plus bas ? Que je vous porte sur mes épaules en courant avec joie vers la maison, quitte à tomber plusieurs fois sous votre poids ?Vous ne direz plus que je ne sais pas ce que c'est... venez plutôt m'aider comme Simon de Cyrène ! La croix est trop lourde pour un corps flagellé, presque exsangue, et ils ne veulent pas que je meure en chemin...

N’ayez pas peur, dressé sur la croix, je ne vous dominerai pas, je ne vous aplatirai pas. Je vous attirerai à moi : Vous lèverez les yeux vers moi. Vous resterez debout comme Marie ma mère au pied de la croix Elle voudrait me toucher mais elle ne le peut pas. Elle voudrait panser mes plaies mais elle ne le peut pas. Debout, au plus près de moi, elle m'entoure de toute sa tendresse et de sa confiance inébranlable.

La peau de Jésus

La peau qui devrait le protéger est toute déchirée, elle ne sert plus à rien... Bien plus, on enlève à Jésus ses vêtements, il n'est plus homme, mais il est nu comme un ver, dit crûment le psaume 22

Toi le plus beau des enfants des hommes, Toi qui as purifié la chair des lépreux, te voilà comme l'un d'eux, devant lequel on se voile la face...Et où sont-ils ceux que tu as purifiés, réintégrés dans la société ? Es-tu devenu pour eux aussi un intouchable à faire disparaître ?

Quel est ton secret Jésus ? Ils voulaient avoir ma peau et je la leur ai offerte. Je voulais ainsi assumer tous les péchés qui détruisent votre dignité, depuis les égratignures quotidiennes entre gens qui s'aiment, jusqu'aux plus atroces tortures, aux viols de guerre, aux mutilations, aux humiliations, aux abus qui déchirent l’intimité. Je voulais rendre aux pécheurs leur beauté première.

Accepterez-vous de vous revêtir de moi ? De trouver votre dignité uniquement en moi ?

Le visage ardent de Jésus

Le visage de Jésus est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de la gloire de Dieu... même quand il est défiguré.

  • Les joues et la barbe

lieu de l'affection, ses joues reçoivent le baiser de la trahison, puis des gifles, des            crachats... Il ne s'est pas dérobé... la barbe, lieu de la beauté masculine, est maculée du sang qui dégouline de la tête ; ses cheveux de même sous la couronne d'épines qui lui entoure la tête ce n'est pas une souffrance physique seulement mais une injure, une moquerie, une parodie de sa royauté

  • son front est en sueur comme durant son agonie pourtant il reste couronné de gloire et d'honneur par son Père qui vit en communion profonde avec lui chaque instant de sa passion ensemble ils veulent que l'homme soit couronné de tendresse et d'amour par un pardon infini : cela lui fait une étrange et mystérieuse beauté qui n'apparaît qu'au regard amoureux.

  • La bouche et les lèvres

il n'a jamais dit de mensonge, il n'a cessé de dire du bien. Même quand il devait corriger certains, c'était toujours pour sauver la grâce était répandue sur ses lèvres et maintenant qu'il est dans la détresse : maltraité il ne profère pas de menaces, insulté il ne rend pas l'injure. personne ne prend sa défense, il n'a pas d'avocat…

Où est le muet auquel il a rendu la parole ? Ne pouvait-il pas dire un mot pour lui ?

Jésus n’est entouré que d'accusations, de mensonges, de calomnies, Et il se tait. Il n'ouvre pas la bouche pour maudire ou pour se justifier. Il ne répond qu'aux questions auxquelles il juge bon de répondre. Il s'en remet à Dieu, son Dieu ! celui que durant son agonie il a appelé Abba. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Tu me répondras et je louerai ton Nom en pleine assemblée. Père, entre tes mains je remets mon esprit.

Les yeux si purs, si tendres lui dont les yeux ne disaient que l'amour parfois la déception de l'amour bafoué qui ne montre sa peine que pour appeler à la conversion ses yeux qui ont pleuré sur la ville de Jérusalem et sur la mort de son ami Lazare

Ses yeux ont vu la foule déchaînée contre lui, les gestes menaçants. Que leur a-t-il fait Une fois en croix, ses yeux voient les grands-prêtres et les scribes se moquer de lui avec des paroles tirées de l'Ecriture qui lui tiennent tellement à coeur : Il s'est remis au Seigneur, qu'Il le sauve, puisqu'il est son ami... Il voit les soldats le provoquer : Si tu es le Roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! Il voit un des malfaiteurs l'injurier : sauve-toi toi-même et nous avec toi ! Il voit l'autre qui se tourne vers Lui et le regarde avec affection :

Jésus, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume et Jésus dans un souffle lui promet : Aujourd'hui même tu seras avec moi dans le paradis. Jésus voit sa mère et le disciple bien-aimé près de la croix et les confie l'un à l'autre.

Dans ses yeux se concentrent toute sa douceur et son humilité, transparents de la lumière divine, maintenant ils se voilent de tristesse et se ferment sous l'intensité de la douleur

Les aveugles auxquels tu as rendu la vue, où sont-ils ?

Pourquoi ne sont-ils pas au moins venus voir ce qui se passant et le voyant pleurer sur toi ?

Jésus, quel est ton secret ? Toi dont les yeux sont trop purs pour voir le mal... Toi qui vois jusqu'au fond du coeur de l'homme... Vas-tu vraiment fermer les yeux à tout jamais ? Ne veux-tu plus nous voir ? Oh si... mais c'est à force de vous voir que je meurs. Je cherche vos regards et parfois je ne les trouve pas. Ils sont ailleurs, ils sont distraits, ils se posent sur des tas de choses qu'ils convoitent, ils se délectent de tant de violence, d'amour sans engagement, laissez-vous seulement regarder et je vous purifierai, car je l’ai dit : heureux les coeurs purs, ils verront Dieu Vous me reverrez et votre coeur se réjouira... Qui regarde vers Dieu resplendira, sans ombre ni trouble au visage

La poitrine de Jésus

n'est plus capable de se soulever, vu la tension des membres cloués. Jésus va mourir asphyxié, sort de tous les crucifiés.

La tête de Jésus

lentement s'incline on dirait qu'il dit son oui final : Tout est achevé. Il pousse un grand cri et Il rend son souffle : Il donne son Esprit.

Son sang c'est à dire sa vie...

palpitante dans ses veines et ses artères d'homme jeune il s'écoule par toutes ses blessures

Jésus, quel est ton secret ?

Pourquoi as-tu versé ton sang jusqu'à la dernière goutte ? Pourquoi as-tu bu le calice jusqu'à la lie ? Il n'a pas de plus grand amour que de donner sa vie, son sang, pour ceux qu'on aime. Mon sang, nul ne le prend mais c'est moi qui le donne. Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour mes brebis. Vous boirez à la coupe de mon sang versé pour vous et vous goûterez à l'abondance de ma joie vous serez enivrés d'amour et prêts à donner à votre tour votre propre vie là où je vous appellerai et jusqu'au bout, avec moi.

Les os

Pas un de ses os n'est brisé ce qui est le plus solide en lui, sa personnalité est intangible, Jésus est resté lui-même tout au long de sa vie, tout au long de cette terrible passion. Il a souffert et est mort dans une parfaite dignité, dans une incroyable douceur. Il est resté le Fils bien-aimé du Père en qui celui-ci met tout son amour. Il s'est consacré lui-même pour que nous soyons consacrés dans la Vérité.

Le cœur

Un soldat lui transperça lentement le côté et de son coeur ouvert ont jailli brusquement et violemment du sang et de l'eau. De son sein jailliront des fleuves d'eau vive ! Vous tous qui avez soif, venez à moi. Buvez à ma miséricorde et vous serez sauvés. Mon coeur nul ne l’a pris, c’est moi qui vous le donne. Ô Jésus, quel est ton secret ? Ton coeur a cessé de battre et tu nous donnes la vie ? Si je meurs, c'est pour que vous viviez ! Le grain de blé s'il ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit et c'est un fruit qui demeure. Je suis venu pour vous donner la vie et la vie en abondance

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Prenons le temps de prolonger, personnellement, en silence, cette contemplation laissons-Lui le temps de dire à chacun en particulier ce qu'Il a à communiquer, dans la situation où il se trouve aujourd'hui. Il se donne à nous avec le même amour infini que celui qu'il a montré dans sa passion. Soyons avec lui, pas trop loin, mais tout près. Redisons-lui notre oui.

 

Jésus a remis son souffle, il est mort. Son corps n’est plus qu’un cadavre. Ses amis veulent lui donner une digne sépulture, ce qui ne se faisait pas pour des crucifiés. On le descend donc de la croix pour le mettre dans le creux d’un rocher. Les femmes préparent les aromates dont elles comptent embaumer le cadavre pour conserver ce corps le plus longtemps possible, le préserver un temps de la corruption. Marie n’en prépare pas, ce n’est pas nécessaire. Au fond de son coeur blessé, meurtri, transpercé, il y a une espérance, basée sur la Parole. Elle a retenu du psaume 15 et l’applique à Jésus face à son Père : Tu ne peux m’abandonner à la mort. Tu ne peux laisser ton ami de voir la corruption Devant ta face, débordement de joie, A ta droite éternité de délices… Elle attend, en silence.

Peu à peu, ses disciples ressentent l’absence, la manque. Il ne marchera plus sur notre terre ? Il ne nous touchera plus ? Il ne nous verra plus, il ne nous entendra plus ? Ce n’est pas possible. Son sang s’est-il arrêté pour toujours de circuler dans ses veines et ses artères ? Ne pourra-t-on jamais plus reposer sur son coeur ? Tout va-t-il s’arrêter ? Ce n’est pas possible. Ce n’est pas cela que nous voulions… Et ce corps que nous aimions ? La réponse, c’est pour dimanche…