Superstition & pensée magique

 

La superstition est une mentalité qui suppose la croyance en des entités surnaturelles, elle prête un caractère surnaturel à certains phénomènes, à certains actes, à certaines paroles.

 

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La superstition est aussi une pratique qui emprunte aux sagesses et religions diverses des éléments (saints, anges, démons, etc.) sur lesquels elle prend appui. On y trouve des symboles, des accessoires religieux, des objets de protection : talismans, amulettes, grigris, fétiches. À la différence de la simple superstition populaire et folklorique, la superstition dont il est ici question est individualisée. Le superstitieux se lance dans des pratiques sensées procurer le bonheur ou éviter le malheur : c'est une démarche magique. Il cherche à connaître l’avenir en recourant à des savoirs interdits par une démarche, au fond, de divination. 

 

Pour cela, le superstitieux se tourne vers des forces cachées et obscures. Il spécule sur l'existence d'un monde invisible qui a ses propres lois. Pourtant, tel rite magique n’a le plus souvent que la toute-puissance que le superstitieux lui prête. Comme il y croit, il attribue à des influences supranurelles (magiques) les malheurs qui lui arrivent. Il perd toute objectivité. Parce qu'il prête à des faits, des événements ou des objets inoffensifs des pouvoirs extraordinaires, il se rend vulnérable à l'angoisse. 

 

Il arrive fréquemment que la mentalité superstitieuse s’infiltre dans les démarches de fidèles chrétiens. Leurs dévotions, la manière dont ils vivent les sacrements sont des actes formels et extérieurs manquant de dévotion intérieure. Il arrive également, bien que leurs pratiques ne s’opposent pas aux règles liturgiques, qu'elles se multiplient à l’excès révélant une mentalité magique.

 

Les grandes religions n'ont pas toujours pu éradiquer les superstitions, il est arrivé qu’elles tentent de les « détourner » en les intégrant. Le catéchisme de l'Église catholique (CEC) considère que la superstition s’oppose à la vertu de religion et au premier commandement, qui « interdit d'honorer d'autres dieux que l'unique Seigneur qui s'est révélé à son peuple ». Puisque la superstition attribue une puissance divine à certaines pratiques, elle entre dans la pensée magique. Or, « attacher à la seule matérialité des prières ou des signes leur efficacité en dehors des dispositions intérieures qu’ils exigent, c’est tomber dans la superstition. » (CEC 2111).